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Souveraineté alimentaire
Publié le 01-03-2010
- La Terre peut nourrir 9 milliards d’individus, mais 1 milliard d’êtres humains souffrent aujourd’hui de la faim.
- L’immense majorité des 1,5 milliards de paysans que compte notre planète vit de l’agriculture paysanne. Ces derniers représentent 70% de l’ensemble des personnes souffrant de la faim dans le monde.

Face à ces chiffres consternants, où se situe l’erreur dans l’équation du droit universel à l’alimentation ?  Amartya Sen, prix Nobel d’économie propose une réponse : « la faim apparaît seulement là où il n’y a pas de démocratie».  L’éradication de ce fléau dépend en effet principalement de choix politiques à l’échelle nationale et surtout internationale.

Pour assurer sa sécurité alimentaire, chaque peuple doit être maître de l’élaboration et de la conduite des politiques alimentaire et agricole de son pays : c’est le principe de la souveraineté alimentaire qui a vu le jour pour la première fois en 1996 lors du sommet de la FAO (1).

Ce principe engage une double responsabilité pour chaque Etat :
1) tout faire pour garantir la sécurité alimentaire de sa population
2) sans porter atteinte à celle des autres pays

La souveraineté alimentaire favorise donc une agriculture de proximité, respectueuse de l’environnement et des ressources naturelles. Elle se trouve à l’heure actuelle vivement malmenée dans de nombreux pays du Sud où les règles de libéralisation des marchés fixées par l’OMC (2) portent atteinte aux secteurs agricoles locaux.

Le Malawi (Afrique) est un cas d’école exemplaire. Refusant de demeurer un exécutant de politiques internationales qui lui étaient imposées, l’Etat malawite décida de subventionner ses agriculteurs en 2005. Le pays est alors passé d’une position d’importateur de 400.000 tonnes de maïs cette année là à celle de producteur de 3.6 millions de tonnes en 2010. Soit plus du double nécessaire pour nourrir sa population !

Grâce au choix d’investir 14% du budget national dans le soutien au secteur agricole, l’Etat a ainsi efficacement mis en oeuvre, contre l’avis des institutions internationales, le principe de souveraineté alimentaire. Signe de cette réussite, le Malawi exporte aujourd’hui les surplus de sa production de maïs.

1 : Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture
2 : Organisation Mondiale du Commerce.