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Phytodécontamination
Publié le 08-12-2009

Le terme ne vous évoque rien? C’est normal, la France accuse un retard important dans ce domaine. Il s’agit d’une technique d’assainissement utilisant des plantes et des bactéries capables de précipiter, absorber, piéger, décomposer et même volatiliser les pollutions de l’eau et du sol.

 

Comment peut-on épurer l'eau grâce à des êtres vivants? Le procédé est simple : en passant par une zone aménagée de plantes aquatiques comme le roseau ou le bambou, l'eau est purifiée par les racines (rhizofiltration) et les micro-organismes. Les bactéries transforment les polluants en substances que les végétaux peuvent directement absorber. On parle de biodégradation. Cette solution d’assainissement de l’eau présente des avantages écologiques, économiques mais aussi sociaux : le secteur en pleine expansion nécessite une main d’oeuvre importante pour cultiver, acheminer, planter et surveiller la croissance des plantes et bactéries dépolluantes.

 

L’eau rejetée dans le milieu naturel est moins agressive pour l’environnement car elle est assainie sans avoir recours à des produits chimiques. Par rapport à une station de traitement traditionnelle, les espaces aquatiques d’épuration permettent d’harmoniser le paysage, de faire face aux excès de pluviométrie et de lutter contre le réchauffement climatique en économisant de l’énergie. Selon les experts, la phytodécontamination est 100 à 10 000 fois moins chère que les traitements traditionnels en station d’épuration ! De plus les produits secondaires de la décontamination par les plantes peuvent être récupérés et vendus après incinération, séchage ou compostage : métaux lourds, engrais, matériaux de construction... On peut utiliser la phytodécontamination à grande échelle, comme c’est le cas dans certains parcs de la ville de Nanterre, ou à petite échelle pour dépolluer l’eau de sa maison à la campagne. Aux Etats Unis et en Allemagne, le processus est déjà appliqué à grande échelle.