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Publié le 06-07-2011 / Dernière édition le 23-01-2012
 
Soutenir les migrants de Calais
No Border et Médecins du monde alertent sur la situation alarmante des migrants et le harcèlement de la police.
Ce sont deux rapports coups de poing qui viennent d’être rendus public en juin. Le collectif de lutte contre les frontières et d’aide aux migrants «No Border» et l’ONG «Médecins du Monde» s’alarment tous deux de la grave situation des migrants à Calais. Ces deux documents, intitulés respectivement «Calais : cette frontière tue» et «Les conditions de vie des migrants dans le Pas-de-Calais», mettent tous les deux en cause les forces de police dans ce département. Jusqu’à accuser de harcèlement. 

Dans le document de «No Border», les militants, très présents sur le terrain, ont listé et documenté pendant deux ans les nombreux exemples de répression policière dont ils ont été témoins, parfois victime, bien souvent caméra à la main. Selon ce texte, celles-ci prennent des formes multiples, parfois insidieuses : physiques avec des migrants passés à tabac, psychologiques avec la mise en place d'un "système de harcèlement", indirectes avec les nombreuses blessures (parfois mortelles) que s'infligent les migrants en tentant de fuir la police. "La brutalité et le harcèlement à Calais sont des armes délibérées utilisées au service des politiques française, britannique et européenne d'immigration", affirme le rapport.

Le document de «Médecins du monde» confirme la version de «No Border». Selon l’ONG, la pression exercée par les policiers sur les migrants est «intense», l’objectif affiché étant de leur rendre la vie «impossible». « Les personnes migrantes présentes à Calais sont sur le qui-vive en permanence, les contrôles d’identité se produisant de jour comme de nuit, dans les lieux de vie, comme dans la rue, mais aussi à proximité des lieux d’assistance humanitaire tels que l’aire de distribution des repas. Par ailleurs, des contrôles et des arrestations sont aussi effectués sur le chemin et à proximité de la permanence d’accès aux soins de santé de l’Hôpital (PASS). Ainsi, début mai 2011, des CRS ont pénétré dans l’enceinte de l’hôpital avant que le personnel hospitalier ne s’interpose et leur demande de quitter les lieux. Des interpellations ont lieu régulièrement sur le chemin menant à la PASS de l’Hôpital. La précarité de leurs conditions et l’intensité des contrôles policiers sont telles que beaucoup de migrants ont du mal à trouver un lieu et ne serait-ce qu’un moment pour se reposer».

Saisine du Défenseur des droits

Face à cette situation, les militants ont décidé de porter le message en haut lieu en saisissant le tout nouveau Défenseur des droits, Dominique Baudis. Soutenu par une vingtaine d'associations et d'organisations telles que le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti), la Ligue des droits de l’homme, Emmaüs International, le syndicat de la magistrature ou encore le syndicat des avocats de France (SM), "No Border" a d'ores et déjà envoyé une lettre de saisine au Défenseur des droits s'appuyant sur ce dossier. Les associations lui demandent ainsi de "mettre en oeuvre les moyens d'investigation propres à vérifier et corroborer l'existence des violences constatées".

Car l’inquiétude des militants va bien au-delà des pratiques illégales des policiers calaisiens, bien connues des défenseurs des droits des migrants. Pour eux, ce «laisser-faire» relèverait d’une décision en bien plus haute place, révélatrice d’une «politique globale et systématique» envers les migrants. "La politique d'immigration a créé une zone de non droit dans un lieu précis du territoire national", s'est également indigné Dominique Guibert de la Ligue des droits de l'Homme. Pour Catherine Teule, Vice-Presidente de l'association européenne des Droits de l'Homme, la nécessité d'une enquête est donc d'autant plus grande qu'à "la violence politique se rajoute à la violence judiciaire".

Que faire ? 

Le rôle réservé aux migrants est l’affaire de tous. En tant que citoyen, nous pouvons nous impliquer au quotidien pour améliorer le leur. Et ce pas plus tard que cette semaine, grâce au Jungle Tour, organisé par Amnesty International en lien avec les associations locales. Le principe : mettre en place un tour à vélo des camps d’infortune du Nord Pas de Calais pour sensibiliser à la cause des migrants. Il a démarré ce samedi 2 juillet de Bailleul. Il s’arrêtera à Saint-Omer ce jeudi puis à Calais, Dunkerque et jusqu’à Bruxelles. N’hésitez pas à les rejoindre. 

Autre moyen d’action : rejoindre une association d’aide aux migrants : Salaam, Terre d’errance, la Belle Etoile, Médecins du Monde, No Border, la ligue des Droits de l’Homme. Elles sont très nombreuses et ont besoin de toutes les bonnes volontés. 
 
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