Publié le 08-02-2011 / Dernière édition le 23-01-2012
Les enjeux du Forum Social Mondial de Dakar
Nathalie Péré-Marzano, du CRID, décrypte les enjeux du prochain FSM.
Le prochain Forum social mondial aura lieu du 6 au 11 février à Dakar, au Sénégal. Nathalie Péré-Marzano, déléguée générale du CRID, revient sur les enjeux de ce grand rendez-vous citoyen.
Qu’est ce qu’un Forum social mondial (FSM) ?
Le FSM, c’est avant tout un grand espace d’actions, de réflexion et de propositions pour un monde plus solidaire, dont la première édition s’est tenue à Porto Alegre, au Brésil, en 2001. L’initiative est née de mouvements citoyens, ONG, militants... qui, face à la domination d’un modèle capitaliste très inégalitaire, ont eu envie de changer la donne, de proposer un autre modèle de société. Cela fait maintenant 10 ans que ce grand rendez-vous existe. Et il remporte de plus en plus de succès : alors que nous étions 12 000 en 2001, nous espérons plus de 150 000 personnes cette année à Dakar.
Concrètement, que se passe-t-il pendant une semaine ?
Nous l’avons dit, il s’agit de réfléchir et de proposer des alternatives autour de débats, d’ateliers, notamment. Par exemple sur la question des migrations, de l’information citoyenne, de la souveraineté alimentaire... Ce qui est très important, c’est que le forum est «auto-organisé», c’est-à-dire que chaque association participante peut proposer un séminaire sur telle ou telle thématique. Il ne s’agit pas d’un fonctionnement pyramidale, avec, par exemple, une ONG qui s’exprimerait pour tous. Personne ne parle pour personne au FSM. Il y a aussi des moments de fêtes, avec de la musique, des pièces de théâtre... Toujours axés sur la construction d’un monde plus solidaire.
Ce rendez-vous citoyen a-t-il des retombées au niveau politique ?
Oui et non. Il est très difficile de démontrer les victoires liées au FSM, dans le sens où changer les choses, les mécanismes actuels, cela prend du temps. C’est un processus très lent. Par contre, certaines idées ont émergé grâce à lui. Par exemple, parmi nos propositions les plus importantes : celle de lutter contre les paradis fiscaux. Il y a dix ans, on n’en parlait pas du tout. Aujourd’hui, cela fait partie des propositions du G20, comme la nécessité de réguler le prix des matières premières.
Autre signe positif : l’élection de présidents issus de mouvements syndicaux, comme Lula au Brésil, ou indigène, comme Evo Morales en Bolivie. Cela montre l’émergence des minorités et leur volonté de participer au débat public. Je suis persuadé que le FSM apparaîtra comme un processus historique par lequel les populations ont voulu reprendre leur destin en main.
Le prochain FSM se déroule en Afrique. Comment s’est passée l’organisation ?
Il y a trois niveaux d’organisation :
Le fait qu’il se déroule en Afrique donne-t-il des enjeux particuliers à ce FSM ?
Effectivement. Le contexte africain mettra en avant deux enjeux fondamentaux pour le continent. Tout d’abord, la question de comment engager une nouvelle phase de décolonisation. Quand on voit ce qui se passe en Côte d’Ivoire, il est évident que les puissances coloniales sont encore bien trop présentes en Afrique. Le FSM 2011 va donc s’attarder sur : comment construire des Etats réellement démocratiques pour le continent. Autre enjeu : la remise en question de l’occidentalisme dominant. La décolonisation passe aussi par nos esprits et il est grand temps de sortir de la logique Nord-Sud. Comment changer cette représentation, ces rapports de force, au sein des instances et des négociations internationales ? Cela sera une autre question cruciale à Dakar.
Comment peut-on participer au FSM si on ne se rend pas à Dakar ?
Nous sommes bien conscients que tout le monde ne peut pas se payer le déplacement. C’est pourquoi, pour le première fois cette année, nous avons mis en place un «forum social étendu». En tout, ce sont plus de 70 initiatives de débats, ateliers, visio-conférences... auront lieu dans toute la France. Chaque citoyen pourra donc participer à la construction de ce monde plus solidaire.
Retrouvez notre article sur l'accaparement des terres agricoles en direct du FSM sur le site Kiagi.org.
Qu’est ce qu’un Forum social mondial (FSM) ?
Le FSM, c’est avant tout un grand espace d’actions, de réflexion et de propositions pour un monde plus solidaire, dont la première édition s’est tenue à Porto Alegre, au Brésil, en 2001. L’initiative est née de mouvements citoyens, ONG, militants... qui, face à la domination d’un modèle capitaliste très inégalitaire, ont eu envie de changer la donne, de proposer un autre modèle de société. Cela fait maintenant 10 ans que ce grand rendez-vous existe. Et il remporte de plus en plus de succès : alors que nous étions 12 000 en 2001, nous espérons plus de 150 000 personnes cette année à Dakar.
Concrètement, que se passe-t-il pendant une semaine ?
Nous l’avons dit, il s’agit de réfléchir et de proposer des alternatives autour de débats, d’ateliers, notamment. Par exemple sur la question des migrations, de l’information citoyenne, de la souveraineté alimentaire... Ce qui est très important, c’est que le forum est «auto-organisé», c’est-à-dire que chaque association participante peut proposer un séminaire sur telle ou telle thématique. Il ne s’agit pas d’un fonctionnement pyramidale, avec, par exemple, une ONG qui s’exprimerait pour tous. Personne ne parle pour personne au FSM. Il y a aussi des moments de fêtes, avec de la musique, des pièces de théâtre... Toujours axés sur la construction d’un monde plus solidaire.
Ce rendez-vous citoyen a-t-il des retombées au niveau politique ?
Oui et non. Il est très difficile de démontrer les victoires liées au FSM, dans le sens où changer les choses, les mécanismes actuels, cela prend du temps. C’est un processus très lent. Par contre, certaines idées ont émergé grâce à lui. Par exemple, parmi nos propositions les plus importantes : celle de lutter contre les paradis fiscaux. Il y a dix ans, on n’en parlait pas du tout. Aujourd’hui, cela fait partie des propositions du G20, comme la nécessité de réguler le prix des matières premières.
Autre signe positif : l’élection de présidents issus de mouvements syndicaux, comme Lula au Brésil, ou indigène, comme Evo Morales en Bolivie. Cela montre l’émergence des minorités et leur volonté de participer au débat public. Je suis persuadé que le FSM apparaîtra comme un processus historique par lequel les populations ont voulu reprendre leur destin en main.
Le prochain FSM se déroule en Afrique. Comment s’est passée l’organisation ?
Il y a trois niveaux d’organisation :
- Un niveau national : les mouvements citoyens, associations, militants... sénégalais se sont concertés plusieurs mois en amont pour mobiliser la société civile et les impliquer. Egalement pour réfléchir aux thèmes les plus importants pour eux, notamment la question des migrations. Résultat : un «pré FSM» a eu lieu en décembre 2010 en vue de celui de février.
- Un niveau continental : les autres pays africains se sont fortement impliqués dans la préparation, avec un rôle nouveau du Maghreb, notamment du Maroc. Il y a vraiment un regain de vitalité dans les mouvements sociaux de ces pays.
- Un niveau mondial : certaines régions du globe, comme l’Amérique Latine, le Canada, l’Europe, seront une fois encore très représentées au FSM. Mais nous déplorons toujours des grands absents du côté des pays émergents. La Chine notamment.
Le fait qu’il se déroule en Afrique donne-t-il des enjeux particuliers à ce FSM ?
Effectivement. Le contexte africain mettra en avant deux enjeux fondamentaux pour le continent. Tout d’abord, la question de comment engager une nouvelle phase de décolonisation. Quand on voit ce qui se passe en Côte d’Ivoire, il est évident que les puissances coloniales sont encore bien trop présentes en Afrique. Le FSM 2011 va donc s’attarder sur : comment construire des Etats réellement démocratiques pour le continent. Autre enjeu : la remise en question de l’occidentalisme dominant. La décolonisation passe aussi par nos esprits et il est grand temps de sortir de la logique Nord-Sud. Comment changer cette représentation, ces rapports de force, au sein des instances et des négociations internationales ? Cela sera une autre question cruciale à Dakar.
Comment peut-on participer au FSM si on ne se rend pas à Dakar ?
Nous sommes bien conscients que tout le monde ne peut pas se payer le déplacement. C’est pourquoi, pour le première fois cette année, nous avons mis en place un «forum social étendu». En tout, ce sont plus de 70 initiatives de débats, ateliers, visio-conférences... auront lieu dans toute la France. Chaque citoyen pourra donc participer à la construction de ce monde plus solidaire.
Retrouvez notre article sur l'accaparement des terres agricoles en direct du FSM sur le site Kiagi.org.
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