Nos deux complices décident donc de franchir le pas et le seuil du centre social communal avec une idée en tête : ouvrir un lieu convivial où les jeunes parents trouveront tout le nécessaire pour équiper leurs enfants. Le tout à bas prix car le principe est de récupérer et de recycler les vêtements de ceux qui n’en ont plus besoin. Une friperie solidaire donc dédiée à l’univers des bambins.
Subventions européennes
Au centre social, elles trouvent l’oreille attentive de Pierre Giraud, coordinateur qui les accompagnera tout au long du parcours. « Une idée comme celle-ci nous a tout de suite séduits, explique le jeune homme encore enthousiaste quatre ans après la première rencontre. Il faut bien resituer le contexte à Lurcy-Lévis. Ici c’est la galère multipliée par cinq. On est loin de tout, des hôpitaux, des services publics. Alors quand des habitants sont motivés, forcément, on les accompagne ».
Et l’accompagnement aura été à la hauteur puisque très vite, les premières subventions tombent pour soutenir le projet, notamment des financement européens, réputés difficiles à obtenir. Le conseil général de l’Allier et la région Auvergne suivent également ainsi que la mairie qui met un local à disposition de l’association. Résultat, après deux longues années de travail, la boutique des Décidées ouvre ses portes en avril 2010.
Eveiller les solidarités
L’association fonctionne ainsi. Les habitants peuvent déposer les vêtements et objets dont ils ne veulent plus aux Décidées. Les bénévoles font ensuite le tri afin de sélectionner ceux en meilleur état, destinés à la boutique, des plus usagés qui seront vendus directement au centre de tri. Deux tarifications sont donc mises en place : « en boutique, les habits se vendent entre 3 et 9 euros contre 20 centimes à 4 euros au centre de tri », détaille Pierre. Des prix imbattables ! Les clients doivent quant à eux s’acquitter de cinq euros d’adhésion annuelle pour pouvoir acheter en boutique.
Mais l’objectif des Décidées n’est pas uniquement d’être un centre de recyclage de vêtements. « Nous voulons avant tout éveiller les solidarités, rappellent-elles. Faire de la boutique un lieu vivant où des liens peuvent se créer. Qu’il s’y passe plein de choses quoi ! ». Toute personne peut donc venir boire un café, faire des rencontres, échanger, se servir d'ordinateurs et d'internet, lire un bouquin et éventuellement acheter des vêtements ou participer aux activités de tri et de mise en rayon.
Image jeune et dynamique
Quatre ans après le démarrage du projet, la direction des Décidées a changé. L’association a permis aux deux jeunes mamans du départ de trouver un emploi plus durable. Une personne est toujours embauchée en contrat aidé et il faut maintenant toucher plus de monde pour pérenniser la structure.
« Les habitants se sont montrés assez ouverts à la boutique dès le départ, se souvient Pierre Giraud. Même si dans le coin, il faut faire ses preuves et ne pas se contenter de parler. La boutique a mis un petit coup de peps à la commune, elle a une image jeune et dynamique. Ca manque parfois en campagne ».











