Publié le 03-05-2012 / Dernière édition le 04-10-2012
Le cheval de retour dans nos champs
La traction animale reprend du poil de la bête. Dans l’Essonne, François Munch fait partie de ces producteurs qui préfèrent le cheval au tracteur.
Alors que le cheval de trait avait peu à peu disparu des espaces agricoles après les années 50 et la mécanisation de l’agriculture, les producteurs redécouvrent désormais ses nombreuses vertus. Globalement, son utilisation présente surtout des avantages dans les milieux fragiles ou dans les zones difficiles d’accès. En effet, l’empreinte est quasi nulle vis à vis de l’environnement pendant le travail : pas de production de gaz à effet de serre, pas de bruit pour la faune, pas de tassement du sol.

François Munch
François Munch fait partie de ces agriculteurs totalement séduit par la démarche. Depuis presque quatre ans maintenant ce maraîcher de l’Essonne partage son quotidien avec Taquine, sa jument percheronne ou « son tracteur à 4 pattes qui mange beaucoup de foin ». Convaincu des bénéfices d’une telle technique, François a intitulé son exploitation « La pomme de terre à cheval ». Il nous explique les avantages qu’il trouve à cette pratique.
On l’aura compris, la traction animale, ce n’est pas de tout repos. Car si Taquine s’occupe de tout le travail du sol, aussi bien le labour que l’herbage pour affiner la terre ou le binage, François l’accompagne en permanence en marchant à ses côtés. Le duo produit ainsi des échalotes, des oignons, des pommes de terre, des radis ou encore des navets. Afin de trouver des débouchés pour sa production, François Munch a rejoint le mouvement des Amaps. Et pour rester cohérent jusqu’au bout il a nommé la sienne l’Amap à cheval.
Productivité
Productivité
Le maraîcher est nouvellement installé en agriculteur et son exploitation est assez modeste. Pourtant se pose tout de même la question de la rentabilité de la traction animale. Est-ce réellement viable d’un point de vue économique ?
Si François Munch manque encore de recul pour mesurer la viabilité de cette technique, la traction animale séduit désormais même en dehors des producteurs. Les collectivités se montrent de plus en plus intéressées par l’utilisation du cheval sur leur territoires. Ainsi, le Conseil général de l’Isère a préféré le cheval à la machine sur deux projets classés « espaces naturels sensibles ». Par exemple, dans le Marais des Goureux, les engins motorisés étaient interdits à cause des sols humides et de l’accès difficile. Les animaux ont assuré le transport de piquets sur un linéaire de 1500 mètres pour créer une clôture. Le coût de l’opération a été de 1700 euros, contre 1800 euros sans utilisation de l’énergie animale.

François Munch et Taquine
Mais pour François Munch, la valeur ajoutée du cheval ne se trouve pas du côté du porte-monnaie. « La présence du cheval apporte vraiment quelque chose d’impalpable, bien différent du passage du tracteur. Cela recrée une ambiance tout à fait particulière à la fois dans le champs et hors du champs. On retrouve nos légumes évidemment, mais aussi des végétaux plus sauvages qui viennent interférer de temps en temps. Plus quelques animaux sauvages qui font une petite visite. Tout ça contribue à un environnement bien spécifique, qui fait que le légume va donner autre chose, aura définitivement un autre goût », conclut-il avec passion.
Pour en savoir plus sur la traction animale, découvrez l’association Hippotese et le site de Frédérique Carlier.
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