Publié le 27-01-2012 / Dernière édition le 31-01-2012
La société civile prépare Rio+20
Cap sur le Brésil. Pour préparer au mieux la conférence Rio+20, ONG et syndicats se sont regroupés au sein du collectif Rio+20. Afin de faire entendre leur vision du développement durable et de peser sur les négociations.
« La transformation du
monde se fait sur le terrain ». Par
ces mots Pierre Radanne, président de l'association 4D, résume la stratégie du
collectif Rio+20 pour préparer le prochain Sommet de la Terre, qui aura lieu en
juin 2012 au Brésil. Engager la transition du monde vers un modèle de
développement plus durable et responsable passe obligatoirement par l'action
des citoyens, des syndicats, des ONG. C'est dans ce but et afin de peser sur
les prochaines négociations à Rio de Janeiro qu'a été créé le Collectif Rio+20,
en 2010. Concrètement, il rassemble des organisations de solidarité
internationale, comme 4D donc, mais aussi le Crid, des associations
environnementales, comme France Nature Environnement ou le WWF, et encore, fait
plus rare, des syndicats, comme la CFDT ou la CGT. « Le projet
de société porté par le Collectif Rio+20 propose une vision globale du
développement durable, où les dimensions sociales, économiques et
environnementales sont intégrées, explique
Daniel Geneste, représentant de la CGT pour le collectif. Assurer une
réelle protection sociale aux plus démunis permet de créer des modèles de
société réellement durables. Notre présence au sein du collectif est donc une
vraie valeur ajoutée pour entamer cette transition qui est inéluctable ».
Principal objectif et raison
d'être du collectif : la Conférence des Nations Unies pour le
développement durable, du 20 au 22 juin 2012. 20 ans après le rendez-vous
capital qu'a été le premier Sommet de la Terre, en 1992, l'heure est au bilan
et à l'évocation des perspectives. Quels ont été les effets des engagements
pris à l'époque par les Etats en faveur du développement durable ? Comment
affirmer un nouveau projet de développement pour tous ? Comment passer des
engagements à l'action ? L'Organisation des Nations Unies a acté
l'économie verte et la gouvernance du développement durable comme thèmes de la
conférence. « Beaucoup trop restrictif », estime le collectif, qui craint de voir dans la
bulle de l'économie verte, un nouvel espace de marchandisation pour le système
capitaliste. Il faut élargir les perspectives et les thèmes des débats vers une
réflexion plus large sur notre modèle de développement. C'est ce que va tenter
d'imposer le collectif d'ici au mois de juin.
Les
messages portés à Rio+20
Le « draft zéro »,
c'est à dire l'avant projet pour la déclaration de la Conférence de Rio+20 a
été publié la semaine dernière. Ce rapport, intitulé « The Future We
Want », demeure « faible » pour les représentants de la société
civile. Il s'agit surtout de « réaffirmations des principes acquis, de
recommandations et d'engagements vagues et anciens. Un texte consensuel, qui
vise l'accord de tous en contournant les difficultés ». De son côté, le collectif a préparé sa propre
déclaration, fruit d'un travail commun entre les 50 organisations membres
réunies depuis un an. Ce texte fondamental résume les attentes du collectif,
regroupées en quatre demandes majeures :
- L'ouverture de Rio+20 à une nouvelle vision du développement afin d 'entamer une réelle transition écologique et sociale. Concrètement, la Conférence de Rio+20 devra s'ouvrir à deux enjeux majeurs : le passage à des sociétés post-pétrole et la construction d'une nouvelle gouvernance mondiale.
- La reprise des attentes et des propositions du collectif dans les négociations. Le collectif émet un certain nombre de propositions concernant notamment la revalorisation du rôle de la régularisation du monde économique.
- Garantir des principes communs à l'Humanité dans une déclaration officielle. Le collectif demande à ce que le futur texte de Rio+20 reprenne un certain nombre de principes fondamentaux, comme la stabilisation du climat, l'éradication de la pauvreté ou le renforcement de la transparence des entreprises.
- Autre sujet important : la création d'un nouveau mode de gouvernance mondiale. En partant du principe que les institutions actuelles, comme l'ONU, ne reflètent plus le jeu démocratique, le collectif propose de redistribuer les cartes de la négociation, par le biais d'un processus allant de 2012 à 2020.
Le
rôle majeur de la société civile
Le projet du collectif est
ambitieux. Trop peut-être au vu de l'inertie actuelle des gouvernements,
notamment sur les négociations climatiques. Mais ce travail est nécessaire pour
faire bouger les choses. « Les États sont en attente des demandes de la
société civile, estime Pierre Radanne.
Ils sont comme des wagons qui auraient besoin d'une locomotive pour avancer.
Nous devons être cette locomotive ».
L'initiative du collectif est relayée par d'autres à l'échelle européenne,
notamment au Danemark ou en Allemagne.
Première étape de cette
mobilisation : le Forum Social Thématique qui a lieu cette semaine à Porto
Alegre, autour du thème « Crise du capitalisme, justice sociale et
environnementale ». L'enjeu pour les sociétés civiles de la planète :
s'organiser dès maintenant afin d'arriver le plus fédéré possible à Rio.
L'équipe française se prend même à rêver d'une déclaration commune d'ici à fin
mars. « Nous n'avons pas le choix,
conclut Pierre Radanne. Imaginez un échec à Rio, on aurait énormément
de mal à s'en remettre. S'il n'y a plus d'aspiration à faire progresser
l'Humanité, que l'on continue ainsi à détricoter la protection sociale des
peuples et que la crise financière ne cesse d'exploser, ce sera
dramatique ! ».
Afin d'éviter cette
situation, un Sommet des Peuples, sera organisé dès le 17 juin en parallèle de
la conférence des Nations-Unies. Des milliers de citoyens et citoyennes de la
planète sont attendus à l'ombre du Pain de Sucre, afin de faire entendre leurs
voix et leurs volontés pour l'avenir de la planète.
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