Publié le 04-10-2012 / Dernière édition le 05-10-2012
La Route de l’énergie : presque la fin du voyage
Yves Priem effectue un long voyage à la rencontre des énergies renouvelables. Il raconte son périple sur kiagi.org, partenaire de La Route de l’énergie.
Une maison solaire en Turquie
J’ai eu l’occasion de m’intéresser à 2 projets en Turquie, développés par la région d’Antalya. J’ai notamment eu l’occasion de visiter une ‘maison solaire’ qui fait office de bâtiment exemplaire et dont se sert la collectivité pour la promotion de bonnes pratiques. C’est aussi un message d’engagement de la collectivité sur une voie de développement durable avec des passerelles vers les économies d’énergie, l’efficacité énergétique et le recours aux énergies renouvelables. Ce bâtiment vitrine, ouvert à tous, reçoit notamment des écoles et peut être utilisé comme lieu de conférence ou meeting pour les fournisseurs, partenaires techniques ou financiers.

Une maison solaire en Turquie
Révolutions arabes
En fonction de l’itinéraire que je m’étais fixé initialement, (avant les débuts de révolutions arabes), j’ai du ensuite faire une entorse à la philosophie de déplacement par les transports en communs terrestres ou maritimes. En effet la situation en Syrie était dramatique et les bombardements répandus dans tout le pays. J’ai donc pris un avion pour court-circuiter cette zone de conflit et atterrir en Jordanie. En retard dans mon voyage, j’en vins rapidement en Egypte puis en remontant le Nil, au Soudan. La révolution égyptienne était encore bien active bien que localisée principalement au Caire.
Au Soudan, le conflit endémique au Darfour ainsi que la récente scission du Nord-Soudan et du Sud-Soudan, ne fut pas non plus un contexte optimal pour des rencontres sur La Route de l’Energie. Les intérêts dans ce dernier pays sur les EnR étant quasi nuls, car concentrés exclusivement sur les richesses et ressources pétrolifères (situées principalement dans la zone frontalière au Sud-Soudan et majeure raison du conflit) et dont on ne voit nulle part la couleur des investissements consécutifs. Seuls les Chinois semblent investir dans ce pays instable et corrompu en développant notamment les infrastructures routières entre autres.
Potentiel en Ethiopie
Du Soudan, je suis arrivé en Ethiopie. Ce pays montagneux et vert, bien à part dans la région, offre un potentiel en EnR et un potentiel de développement énorme. Relativement stable, il bénéficie de ressources (humaines, hydrauliques, solaires, éoliennes, géothermiques et aussi en biomasse) qui font un énorme contraste avec ses voisins (Soudan, Erythrée, Somalie…). Cependant, l’Ethiopie est classée parmi les Pays les moins avancés (PMA). Même si l’élevage et l’agriculture, à échelle familiale, sont développés dans l’ensemble du pays, on peut voir des exemples de grandes misères.
L’ambassade française d’Addis Abeba, où j’ai eu plusieurs entretiens, m’introduira sur divers projets, riches d’enseignement. Comme cette ONG présente dans plusieurs pays d’Afrique qui travaille en partenariat avec un institut et une bio-ferme. Ce triptyque exemplaire a notamment pour vocation de développer les installations de bio-gaz, c’est à dire produit à partir de la fermentation de matière organique. Cette initiative est très prometteuse pour le pays et en totale adéquation avec les enjeux de développement durable.

Yves Priem en Ethiopie
Corruption à Djibouti
Le passage obligé par Djibouti afin d’atteindre le Yémen et l’Oman fut l’occasion de rencontrer d’autres acteurs et initiatives, mais aussi de constater les proportions que peuvent prendre la corruption. Ce minuscule état relativement récent est doté de ressources économiques considérables, avec les revenus des innombrables bases militaires étrangères et avec les taxes sur tous les échanges transitant venus d’Asie, du Moyen Orient, d’Afrique et d’Europe. Autrement ce pays est très aride et ne dispose d’aucune autre ressource que sa position géographique stratégique. Il y a cependant un potentiel solaire et éolien énorme et certains groupes y investissent quand même à leurs propres frais sans aucun soutien du gouvernement.
Mon contact à Djibouti city, dans le département Energie du CERD (Centre d’Etude et de Recherche de Djibouti), a pu m’introduire sur des projets de pompage solaire et pompage éolien, des études d’économies d’énergies dans le bâtiment, un projet de parc solaire photovoltaïque (PV) dans le cadre du marché carbone, et enfin sur un projet éolien de grande envergure, cependant en développement depuis longue date.
Je traverse ensuite difficilement le détroit de Bab el Manded sur un vieux boutre, passe le Yémen tristement en fin de révolution, l’Oman, et de là je suis de nouveau contraint à prendre l’avion pour l’Inde. Objectif : un peu de repos !
Rencontre dans une école en Inde
Je profite tout de même de mon passage dans les contreforts himalayens pour aller démarcher une municipalité (Manali, district de Kulu dans l’état de l’Himachal-Pradesh) et m’entretenir avec monsieur le Maire et le responsable du service technique, ayant aussi noté un gros potentiel de développement des EnR. Nous évoquerons, en parallèle de la situation énergétique, les différentes problématiques locales qu’ils rencontrent. Je rencontre également un groupe indien du secteur hydraulique et visite une récente centrale hydraulique de 192 MW.
De retour à Delhi, et après avoir pris contact à l’Alliance française, j’ai organisé en partenariat avec une école préparatoire polytechnique du sud de Delhi, une intervention pour présenter aux élèves l’actuelle situation des EnR en m’appuyant sur les cas rencontrés sur La Route de l’Energie. Ce fut un succès applaudi.

Yves Priem rencontre des étudiants en Inde
Impossibilité de passage au Tibet
Un peu plus loin, je me suis de nouveau heurté à des barrières logistiques avec la Birmanie. Ayant pour idée de contourner ce pays par le nord (Népal, Tibet-Chine, avant de redescendre au Laos), je me suis rendu à Katmandou. Je me suis vite aperçu que les informations sur les possibilités de passage au Tibet étaient depuis peu erronées. A contre cœur j’ai pris l’avion une nouvelle fois et suis actuellement en Chine, en direction du Laos. Je compte descendre par la Thaïlande, Malaisie avant d’atteindre Jakarta en Indonésie, qui sera l’heureuse fin de ce pèlerinage. J’espère trouver encore un ou deux projets sur La Route de l’Energie avant mon retour ».
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