Publié le 12-09-2012 / Dernière édition le 13-09-2012
Fourchettes vs tongs : à la rencontre des acteurs de la mode éthique
L'Ethical Fashion show a fermé ses portes lundi. Portraits de quelques uns des exposants de ce salon de la mode responsable.
A première vue, rien de bien extraordinaire. Les premières marques présentent des collections colorées et actuelles, pour petits et grands. Des petites robes en soie, du coton fin, des matières nobles et des prix pas vraiment doux. Bref, pas de grand changement par rapport aux enseignes classiques. Et pourtant, en y regardant bien, des pictogrammes attirent l'oeil. « Commerce équitable », « Respect de l'environnement », « Entreprise sociale »,... Les exposants de l'Ethical Fashion Show ont une particularité et pas des moindres : celle de réellement prendre en compte les intérêts de l'Homme et de la Planète dans leur production.
Car pour être présents dans ce salon, ils doivent se conformer à une charte stricte qui, rappelons-le, reprend l’ensemble des critères du développement durable et du commerce équitable. Plus largement, ce salon sert aussi à promouvoir une façon de faire et de penser « verte » encore trop confidentielle, même si de grands noms de l’habillement, pressés par les ONG de défense de la nature, ont élaboré des processus de fabrication moins dévastateurs pour la planète.
Recyclage... de tongs
Parmi eux, certains sont venus de très loin. C'est le cas de Rachel Drew, représentante de la marque kenyanne « The Flipflop Recycling Company ». Derrière son grand sourire, cette jeune femme très dynamique nous explique le concept de son association, qui allie protection de l'environnement et innovation sociale.
La
mode au service de la protection des océans, qui l'eut crû ?
Et pourtant, le projet porte ses fruits. Pour l'instant en vente
uniquement au Kenya, les bijoux de Rachel cherchent désormais
acquéreur dans d'autres pays, en France notamment.
Soieries du Mékong
Quelques rayons plus loin, nous rencontrons Aymeric, et ses foulards en soie. Attirés par les coloris, nous prenons maintenant le chemin du Cambodge où la marque Soieries du Mékong prend tout son sens.
Soieries du Mékong n'est pas née de la dernière pluie. Derrière cette entreprise sociale se cache l'association Enfants du Mékong qui œuvre depuis de nombreuses années pour la protection de l'enfance en Asie. Fait peu banal dans ce milieu où l'actionnaire est roi, ici c'est donc une association qui possède la majorité des parts d'une société. Difficile de faire plus éthique comme modèle de fonctionnement.
Pour retrouver la collection de Soieries du Mékong, le plus simple est encore de se rendre sur l'e-shop. Avant de, pourquoi pas, partir à la rencontre des tisserandes aux doigts de fées.
D'une fourchette à une manchette
Nous clotûrons notre visite auprès des jolis bijoux de Maïna dont la marque ï.de.m a remporté le prix de cette édition, dans la catégorie accessoires. On vous le promet, vous ne regarderez plus vos fourchettes de la même manière.
Si la méthode de création reste artisanale, on est loin de l'idée un peu « bricolo » des objets produits à partir du recyclage. Les bijoux de Maïna sont réellement ravissants et les commandes le prouvent. Le précédent salon auquel elle a participé lui a valu une commande de 350 bijoux, ce qui est considérable pour sa petite entreprise qu’elle gère seule.
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