Publié le 13-03-2012 / Dernière édition le 14-03-2012
FME 2012 : ce que propose la société civile
La société civile fourmille d'idées pour l'accès à l'eau mais reste peu audible au FME.
Grande
nouveauté de ce Forum mondial de l'eau 2012 (FME), la présence de
la société civile. Cette année, en effet, les ONG, syndicats et
autres représentants des citoyens ont leur place au sein des débats,
alors que les années précédentes ils n'étaient pas représentés.
Si certaines organisations ont préféré organiser un contre forum
au travers du Forum alternatif mondial de l'eau (FAME), d'autres,
comme l'ONG Action contre la Faim ou le Gret, sont présentes pour
faire entendre leurs voix, la plupart au sein du Village des
solutions.
L'Effet Papillon, une coalition de 90 ONG à travers le monde, présentait ainsi mardi matin ses préconisations pour améliorer l'accès à l'eau et à l'assainissement des 800 millions de personnes vivant toujours sans eau potable dans le monde. Mais dès l'ouverture des débats, le ton est donné : rien n'est gagné pour les représentants des ONG. Laurent Chabert d'Hières, le directeur de l'association Eau Vive, membre de l'Effet papillon le confirme : « Pas un mot sur la présence de la société civile lors du discours d'ouverture lundi, c'est une déception ».
Pour se faire entendre, les ONG et syndicats vont devoir redoubler d'efforts donc même si les solutions mises en avant méritent toute l'attention des gouvernants afin d'être développées à plus grande échelle. Au cœur de leurs recommandations : une approche par les Droits de l'homme, puisque le Droit à l'eau a été officiellement reconnu comme tel par l'ONU en 2010. « Ces solutions sont locales, durables, adaptables, innovantes, équitables, responsables et répondent directement aux besoins des populations concernées », souligne ainsi le communiqué de presse de la coalition.

L'accès à l'eau par l'éducation au Mexique
Parmi elles, nous trouvons celle présentée par Fabiola Garduno, au Mexique. Cette architecte écologique travaille à la mise en place du programme SWASH, dans les communautés rurales d'Oaxaca, au sud du Pays. Sa solution : impliquer dès le départ la population locale pour améliorer leur accès à l'eau et à des toilettes décentes. Pour cela, le programme passe avant tout par la sensibilisation des écoliers car, dans cette partie rurale du pays, la grande majorité des écoles n'est pas équipée de toilettes fonctionnelles. Si les équipements existent parfois, il n'y pas d'acheminement en eau pour assurer leur bon fonctionnement.
2000 écoliers ont donc été inclus dans le programme et ont eux-même émis des propositions. C'est ainsi que l'alternative des toilettes sèches, totalement inconnues auparavant, a été mise en place. Une idée simple mais qui change le quotidien de ces enfants qui devaient auparavant faire leurs besoins en plein air, en dehors de l'école.
Le Swash va bien au-delà de la simple mise en place d'équipements. Un processus de sensibilisation de la population, majoritairement indigène, aux problématiques de l'hygiène a été créé en parallèle et a surtout permis d'essaimer à un échelon plus large. Quelques villages alentours ont suivi le modèle et, de fil en aiguille, le Swash est désormais vu comme une solution durable à l'échelle régionale. Un bel exemple de réussite par le bas pour Fabiola Garduno qui espère ainsi le développement « d'un nouveau modèle qui vise avant tout à impliquer les utilisateurs ».
Des outils pour faciliter la mise en place du Droit à l'eau
La reconnaissance des savoirs locaux et l'implication des populations font partie de la vision défendue par l'Effet papillon. Autre recommandation phare, longuement mise en avant lors de la présentation : la mise en œuvre du Droit humain à l'accès à l'eau potable et à l'assainissement. Car si l'ONU l'a reconnu comme un Droit de l'homme, tous les pays ne l'ont pas inscrit dans leurs constitutions et les acteurs de l'eau ne savent pas toujours comment y avoir recours.
Pour faciliter l'application réelle du droit, l'Effet papillon a présenté un autre programme, celui de l'ONG Waterlex. « Nous avons créé la première base de données librement accessible sur le Droit à l'eau, explique Natalia Uribe Pando, coordinatrice de l'ONG. Les textes de lois, les différents pays qui le reconnaissent, les recours possibles... Tout est fait pour renforcer la capacité des acteurs locaux à se saisir de ce nouveau Droit de l'Homme ». Pour compléter cette base de données, une formation en ligne a également été créée par l'ONG. Ce kit de formation, qui s'adresse avant tout aux acteurs de la société civile, est lancé en direct du FME, avec la participation de Catarina de Albuquerque, la rapporteuse spéciale de l'ONU pour le Droit à l'eau.
Autre idée mise en avant par les intervenants de la salle : la mise en place d'un droit opposable à l'eau, qui mettrait ainsi les gouvernements qui ne satisferaient pas à cette obligation face à leurs responsabilités. Une proposition intéressante mais qui pour l'instant semble peu réalisable. Au sein du FME, gouvernants, entreprises privées et société civile agissent pour l'instant chacun de leurs côtés afin de défendre leurs intérêts propres. Le message lancé aux décisionnaires par Laurent Chabert d'Hières est pourtant sans équivoque : « Vous nous avez ouvert la porte, faites plus, faites mieux. Acceptez de partager votre pouvoir avec les citoyens ». Il reste trois jours pour voir si son appel sera suivi d'effets dans la déclaration finale.
L'Effet Papillon, une coalition de 90 ONG à travers le monde, présentait ainsi mardi matin ses préconisations pour améliorer l'accès à l'eau et à l'assainissement des 800 millions de personnes vivant toujours sans eau potable dans le monde. Mais dès l'ouverture des débats, le ton est donné : rien n'est gagné pour les représentants des ONG. Laurent Chabert d'Hières, le directeur de l'association Eau Vive, membre de l'Effet papillon le confirme : « Pas un mot sur la présence de la société civile lors du discours d'ouverture lundi, c'est une déception ».
Pour se faire entendre, les ONG et syndicats vont devoir redoubler d'efforts donc même si les solutions mises en avant méritent toute l'attention des gouvernants afin d'être développées à plus grande échelle. Au cœur de leurs recommandations : une approche par les Droits de l'homme, puisque le Droit à l'eau a été officiellement reconnu comme tel par l'ONU en 2010. « Ces solutions sont locales, durables, adaptables, innovantes, équitables, responsables et répondent directement aux besoins des populations concernées », souligne ainsi le communiqué de presse de la coalition.

L'accès à l'eau par l'éducation au Mexique
Parmi elles, nous trouvons celle présentée par Fabiola Garduno, au Mexique. Cette architecte écologique travaille à la mise en place du programme SWASH, dans les communautés rurales d'Oaxaca, au sud du Pays. Sa solution : impliquer dès le départ la population locale pour améliorer leur accès à l'eau et à des toilettes décentes. Pour cela, le programme passe avant tout par la sensibilisation des écoliers car, dans cette partie rurale du pays, la grande majorité des écoles n'est pas équipée de toilettes fonctionnelles. Si les équipements existent parfois, il n'y pas d'acheminement en eau pour assurer leur bon fonctionnement.
2000 écoliers ont donc été inclus dans le programme et ont eux-même émis des propositions. C'est ainsi que l'alternative des toilettes sèches, totalement inconnues auparavant, a été mise en place. Une idée simple mais qui change le quotidien de ces enfants qui devaient auparavant faire leurs besoins en plein air, en dehors de l'école.
Le Swash va bien au-delà de la simple mise en place d'équipements. Un processus de sensibilisation de la population, majoritairement indigène, aux problématiques de l'hygiène a été créé en parallèle et a surtout permis d'essaimer à un échelon plus large. Quelques villages alentours ont suivi le modèle et, de fil en aiguille, le Swash est désormais vu comme une solution durable à l'échelle régionale. Un bel exemple de réussite par le bas pour Fabiola Garduno qui espère ainsi le développement « d'un nouveau modèle qui vise avant tout à impliquer les utilisateurs ».
Des outils pour faciliter la mise en place du Droit à l'eau
La reconnaissance des savoirs locaux et l'implication des populations font partie de la vision défendue par l'Effet papillon. Autre recommandation phare, longuement mise en avant lors de la présentation : la mise en œuvre du Droit humain à l'accès à l'eau potable et à l'assainissement. Car si l'ONU l'a reconnu comme un Droit de l'homme, tous les pays ne l'ont pas inscrit dans leurs constitutions et les acteurs de l'eau ne savent pas toujours comment y avoir recours.
Pour faciliter l'application réelle du droit, l'Effet papillon a présenté un autre programme, celui de l'ONG Waterlex. « Nous avons créé la première base de données librement accessible sur le Droit à l'eau, explique Natalia Uribe Pando, coordinatrice de l'ONG. Les textes de lois, les différents pays qui le reconnaissent, les recours possibles... Tout est fait pour renforcer la capacité des acteurs locaux à se saisir de ce nouveau Droit de l'Homme ». Pour compléter cette base de données, une formation en ligne a également été créée par l'ONG. Ce kit de formation, qui s'adresse avant tout aux acteurs de la société civile, est lancé en direct du FME, avec la participation de Catarina de Albuquerque, la rapporteuse spéciale de l'ONU pour le Droit à l'eau.
Autre idée mise en avant par les intervenants de la salle : la mise en place d'un droit opposable à l'eau, qui mettrait ainsi les gouvernements qui ne satisferaient pas à cette obligation face à leurs responsabilités. Une proposition intéressante mais qui pour l'instant semble peu réalisable. Au sein du FME, gouvernants, entreprises privées et société civile agissent pour l'instant chacun de leurs côtés afin de défendre leurs intérêts propres. Le message lancé aux décisionnaires par Laurent Chabert d'Hières est pourtant sans équivoque : « Vous nous avez ouvert la porte, faites plus, faites mieux. Acceptez de partager votre pouvoir avec les citoyens ». Il reste trois jours pour voir si son appel sera suivi d'effets dans la déclaration finale.
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