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Publié le 24-10-2012 / Dernière édition le 25-10-2012
 
Des jardins partout... à Montréal
Jardins sur les toits, jardins communautaires, jardins collectifs... A Montréal, l’agriculture urbaine est en plein essor.

A Montréal, on trouve des tomates au sommet de la plus grande université de la ville ou encore au dernier étage du Palais des Congrès. Cela vous étonne ? La métropole québécoise est pourtant connue pour savoir faire pousser fruits et légumes là où règne d’habitude le béton, à savoir sur les toits des habitations. Et l’idée n’est pas si saugrenue. Comme nous l’explique Gaelle, membre de l’ONG de développement international Alternatives. « A Montréal, nous sommes très dépendants des importations pour nous nourrir. Utiliser les toits, les terrasses, les balcons, cela permet de faire face à l’urbanisation croissante, la pollution et à l’appauvrissement des populations urbaines ».

Alternatives développe des projets de jardins sur les toits depuis 2003 en partenariat avec des associations, des centres locaux... En premier lieu de ces projets innovants, on trouve les centres universitaires. L’université McGill a ainsi développé un jardin avec des bacs dans un espace bétonné de son campus et les étudiants de l’Université Concordia ont installé des serres sur les toits afin de produire des semis. Une idée également reprise par les étudiants de l’école du Design de Montréal. 

Récompensés par le Phénix de l’environnement

Les jardins Chez Soi sont un autre exemple de ce que peut apporter la création d’un jardin sur les toits. Dans cette petite coopératives d’habitants destinée aux personnes âgées, les usagers ont transformé les balcons privés, la terrasse et la cour collective. « Ici le but n’est pas uniquement agricole, insiste Gaelle. C’est surtout l’envie de créer des lieux de partage, d’apprentissage et d’expérimentation relatifs à l’horticulture, la gastronomie, la culture culinaire, et la vie ! ». En 2008, le projet Des jardins sur les toits porté par Alternatives s’est mérité la plus haute distinction environnementale du Québec, soit le Phénix de l’environnement. 


Les terrasses des Jardins Chez Soi

Mais en dehors des toits, « on trouve des jardins partout et pour tout à Montréal », témoigne encore Gaëlle. Ainsi, il existe pas moins de 1 500 parcelles de jardins communautaires dans la ville. Ce programme, mis en place dès 1975 par la municipalité, permet aux citadins de cultiver leurs propres fruits et légumes. « Le but ici est avant tout productif, explique Gaëlle. On ne cherche pas à créer du lien social mais cela permet à plein de familles de se nourrir sainement et pour pas cher. Par exemple, je suis sûre que toutes les mamas immigrées italiennes ont de quoi faire de la sauce tomate tout l’hiver grâce à leur potager ». 

Une ville nourricière... qui s'ignore

A côté de cela, on trouve également beaucoup de jardins collectifs, proches de nos jardins partagés en France. Là, il s’agit davantage de rassembler les habitants d’un lieu autour de la terre pour, qui resocialiser des personnes en rupture, qui mener un projet d’éducation à la nature,... Ces jardins sont généralement à l’initiative de la société civile, soit des associations, des collectifs d’habitants,... « Il y a environ 10 000 habitants de Montréal qui participent à un jardin collectif aujourd’hui ». 

Tous ces jardins signifient-il que la ville de Montréal est particulièrement sensible à la question de l’agriculture urbaine ? « Pas du tout, relativise Gaelle. Nous sommes même très en retard par rapport à d’autres grandes villes d’Amérique du Nord, comme New-York, Philadelphie, Detroit ». 


Installation d'une jardinière sur un balcon

Jusque récemment, la municipalité ne s’intéressait que très peu à cette question. Les acteurs du milieu parlaient même de la métropole canadienne comme « d’une ville nourricière qui s’ignore ». Pour la première fois en 2012, une consultation publique sur la place de l’agriculture urbaine a été lancée à l’initiative des citoyens. Et les conclusions sont encourageantes : selon le rapport « le concept d’agriculture urbaine doit être inclus dans les stratégies municipales, mais aussi soutenu financièrement et administrativement ». A la ville maintenant de prendre acte, ou non, des recommandations des experts. Les habitants, eux, semblent les avoir déjà bien intégrées.

Crédits photos : Alternatives

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