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Publié le 14-09-2012 / Dernière édition le 14-09-2012
 
C’est quoi le problème avec... mes fringues ?
L’industrie de la mode et du textile est loin d’être aussi gaie et colorée que les produits qu’elle nous propose. Retour sur les nombreux dégâts causés... par nos fringues.
Ce petit tee-shirt paraît bien sympathique au premier abord. Un prix pas exhorbitant, un motif sympa... Allez hop, dans le caddie. Ce petit geste anodin n’a pas grande conséquence, si ce n’est sur votre porte-monnaie. Et pourtant... L’industrie de la mode et du textile est loin d’être aussi gaie et colorée que les produits qu’elle nous propose. L’Ethical Fashion Show, qui s’est déroulé du 7 au 11 septembre 2012, est l’occasion de revenir sur les nombreux dégâts causés... par nos fringues. 

Des conséquences sur l’environnement

  • une grande consommation d’énergie

Le saviez-vous ? La filière textile est l'une des plus polluantes au monde.  Le coton, qui représente 50% de la production textile mondiale, en est un exemple édifiant. Imaginez :  pour produire 1kg de coton, il faut entre 7 000 et 15 000 litres d'eau. Et ce n'est qu'un début ! Une fois le coton récolté, il faudra encore compter 200 tonnes d'eau pour transformer 1 tonne de coton ! 

  • utilisation de produits toxiques

En plus de faire pression sur les ressources naturelles, l’industrie textile fait appel à une quantité incroyable de molécules chimiques dont certaines sont potentiellement toxiques pour l'homme. Une enquête réalisée en 2009 par 60 Millions de consommateurs avait montré que, sur une quarantaine de vêtements pour enfants, neuf d'entre eux contenaient des phtalates à un taux supérieur au seuil fixé par la législation européenne. Ces produits chimiques qui font partie des perturbateurs endocriniens (ils entravent le développement normal des organes sexuels) ont pour seul mérite de faciliter le collage de motifs plastifiés sur les fibres du vêtement.

  • pollution des sites

L’utilisation de produits chimiques a des conséquences sur les consommateurs mais également sur les sites où sont produits nos vêtements, la plupart en Asie. Dans un rapport intitulé « Le guide du textile éthique », le WWF indique qu’en Chine, 70% des rivières et lacs sont pollués par l’industrie textile. En Indonésie, dans un bassin industriel près de Djakarta qui regroupe près de 600 usines textiles,  l’eau du fleuve change selon les colorants utilisés pour teindre les vêtements. Et même les rizières sont touchées : si les jeans fabriqués sont bleus, le riz est irrigué en eau bleue ; si le textile est rouge, l’eau devient rougeâtre… Facile alors de comprendre pourquoi les rendements agricoles ont largement diminué depuis l’installation des usines. 



  • Des déchets par tonne

Et on ne s’arrête pas là. A l’autre bout de la chaîne, une fois passés dans les mains du consommateur, les vêtements finissent généralement... à la poubelle. En France, en 2005, on évaluait les déchets textiles à 17 kg par an et par habitant, sur un total de 360 kg de déchets ménagers. Aux Etats-Unis, la quantité de textile dans les déchets a quintuplé depuis les années 50. En France, seul 20 % de ces déchets sont réutilisés selon l’Ademe, c’est à dire recyclés. Le reste vient augmenter le nombre de tonnes de déchets présents dans nos décharges ou envoyés aux incinérateurs. 

Des conséquences sur les hommes

  • une production délocalisée 

La plupart des vêtements que nous achetons en France ont été réalisés à l’autre bout du monde, dans des pays où les droits sociaux sont quasi inexistants. L’Accord multifibres qui régissait le commerce international depuis 30 ans par des quotas d’importation textile a définitivement pris fin en 2005, et en 2008 pour la Chine. La suppression de ces quotas a accru la concurrence entre les pays producteurs, au détriment des travailleurs et des normes sociales.



  • conditions de travail déplorables

La majorité des entreprises sous-traitent leurs productions dans des usines où les conditions de travail sont désastreuses. Ces ateliers sont également connus sous le nom de  « sweatshop » ou ateliers de la sueur. « Les ouvriers, en grande majorité des jeunes femmes, y travaillent plus de 12 heures par jour, six jours sur sept, sans compter les heures supplémentaires non rémunérées. Quand ils existent, les contrats de travail sont souvent injustes et respectent rarement la loi », rappelle le Collectif de l’éthique sur étiquette, un collectif international de défense des travailleurs.  

  • Risque pour la santé des travailleurs 

De plus, ces usines sont généralement très mal équipées et ventilées ce qui constitue un risque supplémentaire. Cette semaine encore les incendies de deux industries textiles au Pakistan ont fait plus de 300 morts. Les techniques utilisées sont également néfastes pour la santé des ouvriers. Le tannage du cuir par exemple se fait souvent avec un produit hautement cancérigène : le chrome. Quant à nos fameux jeans usés, ils sont également loin d’être propres. Certaines marques ont recours à la technique du sablage, qui consiste à projeter du sable à forte pression sur le tissu. Les ouvriers qui la pratiquent travaillent sans protection. Ils inhalent les poussières de silice extrêmement toxiques, qui provoquent la silicose, maladie respiratoire incurable. 47 travailleurs en sont déjà décédés en Turquie.

Heureusement, les alternatives existent :







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Charlotte Nenner : les dangers de la publicité pour les enfants et adolescents
 
Aloys Ligault : la responsabilité sociale et environnementale des entreprises
 
Dominique Bruch : la climatisation naturelle
 
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